Virgil Tǎnase : Cronica bilingvǎ – La chronique bilingue (31)

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Parlamentul francez, credit foto: rfi.fr

"La raison du plus fort" e cea mai bună călăuză.

Décidément nos deux grands pays, la France et la Roumanie, vont main dans la main, tels deux gamins qui se regardent, qui s’épient et qui s’accordent pour que l’un ne fasse pas une bêtise sans que l’autre ne lui emboîte le pas. Cette fraternité dans la gaffe, autrefois clandestine et réservée, en Roumanie, aux francophiles invétérés, est devenue la règle depuis que nos deux coquins jouent dans la cour de l’Europe qui leur offre les meilleures conditions de collaborer dans l’invention des bourdes.

De pildă acum. Aţi aflat fără doar şi poate prin diligenţa ziarelor noastre şi a televiziunii, pe care asemenea iniţiative le aţâţă până la demenţă, că un senator carpatic a lansat pe la finele anului trecut un mare apel cerând parlamentului României să condamne totalitarismul comunist. Dezbaterea continuă antrenând forţele intelectuale ale naţiunii şi poate că parlamentul României chiar se va lăsa ispitit să dea cu barda legii în crimele comuniste, luând pildă de la parlamentul Franţei care şi el, în ciuda obiecţiilor ridicate de câteva personalităţi care privesc lucrurile mai principial, s-a amestecat acolo unde, ca să spunem aşa, nu-i fierbe oala.

Vous imaginez bien que le travail parlementaire des deux pays, et même des vingt-huit réunis en sommet, n’est pas mon affaire et n’a rien à voir avec cette rubrique d’humeurs strictement cuturelles. Il n’en reste pas moins que si la politique n’a rien à faire ici, l’Histoire est un fait de culture et il serait impardonnable de ne pas en défendre l’indépendance, surtout lorsqu’à si peu de temps prés les autorités politiques de nos deux grands pays la mettent en cause. Oh, bon prince, je ne vous ferai pas remarquer que le sénateur en question qui n’est plus dans sa première jeunesse et qui n’était pas à la maternelle lorsque le totalitarisme communiste sévissait encore, aurait mieux fait de manifester sa juste indignation du temps où de telles assiduités comportaient quelques risques. Ou bien de ne pas en faire trop maintenant, pour laisser supposer qu’il voudrait racheter après coup son silence d’autrefois.

Nu. Problema care se pune, simplă şi directă, este în ce măsură cei care au fost aleşi în virtutea presupuselor lor calităţi de gospodar ca să facă menajul în părţile comune ale casei noastre naţionale au vreo calificare pentru a judeca istoria. Ideea conform căreia măiestria politică s-ar însoţi automat de o competenţă în toate celelalte domenii numite altădată „suprastructurale” este profund marxist-leninistă. În ceea ce mă priveşte, mi se pare hazliu să constat că, mai des decât s-ar crede, cei mai înverşunaţi duşmani ai comunismului sunt chiar cei pătrunşi pâna la măduvă de principiile pe care vor să le combată.

Le parlement français s’est trouvé empêtré dans le même genre d’embrouille il y a trois ans, à propos d’une question historique qui d’ailleurs ne concernait pas la France, qui avait été depuis longtemps reléguée dans le domaine de recherche des historiens et que je me garderai bien d’évoquer ici parce que ce qui est en cause ce n’est pas un fait historique mais la qualité de ceux qui en discutent. Dans l’idée d’un bénéfice électoral peut-être, à moins que ce ne fût une forme autochtone de cette maladie susceptible de faire croire à ceux qui ont le pouvoir qu’ils ont aussi le savoir, le parlement français a délibéré sur un sujet qui n’était pas de sa compétence. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux de François Mitterrand et par la suite Président du Conseil constitutionnel, a eu beau rappeler dans une émission du 22 décembre 2011 sur les ondes de RTL que le Parlement n’est pas qualifié à juger l’Histoire. Jean Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur et homme politique de premier plan, Président du Mouvement républicain des Citoyens, a eu beau faire remarquer, lui aussi, que, je cite « Ce n’est pas aux parlementaires d’écrire l’Histoire » et qu’une telle dérive est une entrave à la libre expression. Peine perdue : les députés français se sont enfoncés dans la brèche. Au deschis altor parlamentari un drum primejdios care, uite, se deschide acum şi-n faţa parlamentarilor români gata (sper totuşi că nu !) să se ia drept membri ai unui nou Birou politic al Comitetului central în măsură să ne spună ce e bine şi ce e rău şi unde stă adevărul, îndrumând cercetarea oamenilor de specialitate. De-aici până la a scrie, după pilda lui Stalin, un tratat de lingvistică nu mai e decât un pas.